Congo Brazzaville Moins cher, un aliment local fait le bonheur des éleveurs

(Syfia/CRP) Au Congo Brazzaville, les éleveurs sont souvent confrontés à la cherté des aliments importés pour nourrir leurs bêtes. Depuis six ans, des jeunes diplômés sans emploi, réunis en association, fabriquent et commercialisent un tourteau palmiste peu cher et de qualité, mis au point localement.

“Après neuf mois de mise au point, j’ai donné la farine que j’avais obtenue à des amis qui l’ont testée auprès de leurs animaux. Ce sont eux qui m’ont dit que c’était du tourteau de palmiste”, explique Sébastien Sendi, président de l’Association des jeunes fabricants du tourteau palmiste du Congo (AJFTPC), rencontré à Madibu, une bourgade du sud de Brazzaville. C’est là qu’est située l’unité de fabrication d’alimentation animale de l’association qui regroupe désormais 16 fabricants indépendants.

La mise au point de ce tourteau, qui est le plus souvent un sous-produit de l’extraction de l’huile de palmiste ou noix de palme; est une première au Congo. Il ne faut pas confondre l’huile de palmiste, tirée de la noix ou amande de palme, et l’huile de palme obtenue en pressant la pulpe du fruit. Le tourteau de palmiste se présente sous forme de farine, obtenue en torréfiant et broyant ces noix. Depuis 2005, Sébastien Sendi utilise cette farine qui entre dans la composition d’un aliment local pour différents animaux d’élevage. C’est une première réussite pour son inventeur, qui cherchait une alternative aux tourteaux de coton et de soja, jusque-là importés de Centrafrique, RD Congo et du Cameroun. Ces derniers temps, ils sont devenus rares et donc chers au Congo Brazza.

Quatre fois moins cher que le tourteau importé

Les éleveurs congolais se réjouissent de cette nouvelle opportunité. “Avant, je commandais mes aliments à Kinshasa. Cela me coûtait très cher… Avec l’unité de Madibu, mes porcs ont des beaux jours devant eux !”, se félicite Denis Kikhounga d’Agri-Congo. Anicet Mabiala, un autre éleveur, explique : “Aujourd’hui, grâce au tourteau palmiste, peu cher, mes poules, mieux nourries, pondent plus.”

Riche en protéines, mélangé au maïs, le tourteau palmiste est utilisé pour nourrir les volailles, les porcs et les lapins. Le sac de 50 kg se vend 5 500 Fcfa (8 €), soit près de quatre fois moins cher que le tourteau de coton importé. Ces prix compétitifs permettent à l’AJFTPC d’en écouler environ 20 tonnes par mois. Pas assez, toutefois, pour faire déjà baisser de façon significative les importations à l’échelle du pays. Selon le service des méthodes et statistiques de la Direction générale de la douane, le Congo a importé en 2010 pour 142 millions de Fcfa (216 000 €) de tourteaux, contre 147 millions de Fcfa (224 000 €) en 2009.

Pour s’approvisionner en noix de palme, l’AJFTPC a recruté une équipe de jeunes acheteurs qui sillonnent les villages du département du Pool, au sud de Brazzaville. Ces jeunes reçoivent 1 000 Fcfa (1,5 €) par sac de 60 kg. D’autres jeunes prennent ensuite le relais pour la transformation. “Nous broyons près de 40 sacs par jour, quand nous ne sommes pas dérangés par les coupures d’électricité. Nous percevons 2 500 Fcfa (près de 4 €) par jour”, déclare Abel, 22 ans, rencontré devant sa machine.

“Satisfaire les besoins des éleveurs”

Montée en 2007, l’unité de Madibu compte huit employés. Elle est souvent débordée par la demande des éleveurs et d’autres revendeurs. Ingénieur zootechnicien, consultant au Forum des jeunes entreprises du Congo, Paul Bouyika est un des clients réguliers de l’unité. Il apprécie la qualité de ce tourteau. “Il n’y a pas de différence entre l’aliment pour animaux importé et celui produit localement”, assure-t-il. Il indique que le Forum a été consulté par la Direction générale des Nouveaux villages agricoles de Nkouo, localité située à près de 80 km au nord de Brazzaville, pour la fourniture d’aliment local.

La forte demande des éleveurs a permis à de nouvelles unités de s’implanter. On en compte déjà quatre à Brazzaville ainsi que des points de vente plus ou moins importants à l’intérieur du pays. Une évolution qui ravit le docteur Gustave Matingou-Passi, directeur de l’alimentation animale et des industries alimentaires, au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage : “Pour un animal, le premier médicament, c’est son alimentation. S’il est bien nourri, il évite les maladies.” Il poursuit : “Plus les gens voudront faire de l’élevage, plus il faudra produire de maïs et de noix de palme. D’où l’importance de la mécanisation de l’agriculture pour satisfaire notamment les besoins des éleveurs.”

Marien Nzikou-Massala

Février 2011

Article réalisé avec l’aide financière de la Commission européenne et du Comité français pour la solidarité internationale (CFSI). Le contenu de cet article relève de la seule responsabilité de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne ou du CFSI.

 

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