Congo Brazzaville: mécanicienne ou réparatrice de pneus aux côtés des hommes

(Syfia/CRP) Au Congo Brazzaville, quelques femmes font des métiers réservés jusque-là aux hommes. Des associations ou des parents leur apprennent la mécanique ou à réparer des pneus. Ces apprenties motivées et travailleuses, appréciées de leurs formateurs et de leurs clients, gagnent assez bien leur vie.

Garage moderne, Bacongo, Brazzaville, la capitale de la République du Congo. Penchée sur un moteur, Rose Boukouta, 21 ans, vidange un moteur et vérifie l’état d’un véhicule. “Il ne démarre pas. Je suis venu au garage en le tractant”, s’inquiète Stéphane, le chauffeur. Il est 13 heures : Rose, débordée, n’a pas encore pris sa pause déjeuner. “Depuis 9 heures, je suis sur ce moteur. Il y a tant de choses à faire…”, se presse-t-elle d’expliquer. Faute de soutien financier, elle a abandonné ses études en classe de 3ème. Comme elle, quelques jeunes filles choisissent désormais d’apprendre la mécanique plutôt que la couture ou la pâtisserie pour “découvrir autre chose”. Avant de travailler dans ce garage, Rose a été formée par l’association Attaque contre la prostitution infantile, la drogue et le sida (ATTAC3). Pour Sosthène Nganga, président de cette ONG, aucun métier n’est en effet réservé exclusivement aux garçons. La plupart des femmes hésitent encore cependant à se lancer. “À part Rose, aucune autre fille n’a accepté de se former à la mécanique. Pour elles, c’est un métier difficile”, regrette Sosthène.

“J’ai tenu le coup” Il est vrai que les apprenties rencontrent des difficultés au cours de leur formation. “Au début, Rose était fatiguée. C’est un travail qui nécessite de l’endurance”, souligne Faustin, propriétaire du Garage moderne. “Je voulais abandonner, confirme l’intéressée avant d’ajouter, car c’était dur. Les gens (clients, amis, Ndlr) se moquaient de moi. Mais, grâce aux conseils de mon formateur, j’ai tenu le coup.” Faustin se souvient : “Je lui ai dit que seul le travail libérait et qu’aucun métier n’était facile.” Rose se sent aujourd’hui à l’aise : “Je peux dépanner les voitures sans problème. Les clients sont contents de mon travail.” Un habitué du garage confirme : “Ne la sous-estimons pas. Elle fait bien son métier.”
Soutenue par les siens, Rose a bien fait d’insister. En plus de son salaire mensuel (45 000 Fcfa, 69 €), elle reçoit entre 2 000 et 3 000 Fcfa (entre 3 et 4,5 €) par jour de pourboires. “Depuis trois ans que je suis dans ce garage, je m’occupe bien de mon enfant et je contribue aux besoins de la maison”, se félicite-t-elle. Elle rêve à présent d’ouvrir son propre garage. La réussite de certaines commence à donner des idées à d’autres. Patherne Ndombi, enseignant en technologie (spécialité mécanique automobile) au lycée technique du 1er mai à Brazza, observe : “Il y a trois ans, je n’avais aucune fille en cours. Cette année, j’en ai trois. Elles pourraient faire encore mieux si on les encadrait.”

Filles hésitantes, employeurs réticents Ces apprenties ne sont en effet pas toujours bien perçues par les employeurs. “Dans certains domaines, ils sont réticents à employer des femmes pourtant qualifiées. Certains se demandent si elles seront capables. Plusieurs pensent même qu’une femme qui fait la mécanique ou la maçonnerie perd sa féminité !”, déplore Anne-Marie Bikindou, directrice de la prospection et du placement à l’Office national de l’emploi et de la main-d’œuvre (ONEMO). Depuis 2008, cette structure organise des formations à différents métiers pour les jeunes sans qualification. Mme Bikindou poursuit : “Des efforts doivent être faits par le ministère de la Promotion de la femme pour encourager les filles, afin qu’elles comprennent qu’elles peuvent braver tous les secteurs. Il ne faut pas qu’elles-mêmes se marginalisent !” Michaëlle Koutsotsana l’a bien compris. Depuis 2008, elle répare des pneus au sein de l’entreprise de son père. “J’ai choisi ce métier parce que je peux facilement m’en sortir”, témoigne-t-elle. À 23 ans, cette étudiante en économie, soutenue par ses parents et sa sœur qui fait le même travail, est satisfaite. “J’apprécie de travailler avec les hommes. Ils me montrent ce qu’il faut faire”, explique-t-elle. À cheval entre l’entreprise familiale et l’université, elle se dit heureuse et gagne bien sa vie. Pour elle aussi, le travail et la persévérance ont fini par payer : “Quand j’étais stagiaire, j’avais 25 000 Fcfa (38 €) par mois. Depuis ma titularisation, je gagne le double !” Elle ajoute : “Avant, les clients étaient méfiants. Maintenant, ils apprécient et m’offrent parfois des pourboires.” Un début de reconnaissance.

Add to GoogleBookmark and ShareOkNotizietutto blogPaperblogW3Counter

Questa voce è stata pubblicata in Aksanti e contrassegnata con , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Contrassegna il permalink.

7 risposte a Congo Brazzaville: mécanicienne ou réparatrice de pneus aux côtés des hommes

  1. free website ha detto:

    Hello! I’ve been reading your web site for some time now and finally got the bravery to go ahead and give you a shout out from Porter Texas! Just wanted to mention keep up the great job!

    Mi piace

  2. Good day, Good site, where did you arrive up with the information in this summation? Im glad I discovered it though, I’ll be checking back soon to see what other content you have.

    Mi piace

  3. buy fine art online

    Mi piace

  4. Free iPad 2 ha detto:

    Interesting post. You have a good opinion on the matter and I will be subscribing to your RSS feed and hope you shall post frequently on similar subjects. But I am curious on what your article sources for the article are? Thanks

    Mi piace

  5. get hubby back ha detto:

    I’ve just lately started a weblog, the information you present on this web site has helped me tremendously. Thank you for your entire time & work.

    Mi piace

  6. posters ha detto:

    Its fantastic as your other posts : D, thankyou for putting up.

    Mi piace

  7. I was really glad to find your post Congo Brazzaville: mécanicienne ou réparatrice de pneus aux côtés des hommes | Aksanti.

    Mi piace

Lascia un commento

Inserisci i tuoi dati qui sotto o clicca su un'icona per effettuare l'accesso:

Logo WordPress.com

Stai commentando usando il tuo account WordPress.com. Chiudi sessione / Modifica )

Foto Twitter

Stai commentando usando il tuo account Twitter. Chiudi sessione / Modifica )

Foto di Facebook

Stai commentando usando il tuo account Facebook. Chiudi sessione / Modifica )

Google+ photo

Stai commentando usando il tuo account Google+. Chiudi sessione / Modifica )

Connessione a %s...