RDC recensement: Un des rares pays au monde à organiser des élections sans connaître le nombre de ses citoyens

La République Démocratique du Congo est un des rares pays au monde à organiser des élections sans connaître le nombre de ses citoyens. Il n’y a pas eu recensement en 2005, pour des contraintes de temps, d’argent et de logistique avait alors laissé entendre l’abbé Apollinaire Malumalu, président de la défunte CEI (Commission Electorale Indépendante). Bien qu’elle ait eu tout le temps (2005-2010) et un budget conséquent voté pour le processus électoral en cours, cette même institution d’appui à la démocratie a brillé par une nouvelle navigation à vue dans la révision en cours du fichier électoral, avant de passer la main, voici quelques semaines, à la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante).

Depuis 1984, date du dernier recensement scientifique qui avait livré le chiffre très contesté de 25 millions d’habitants pour l’ex-Zaïre, l’on n’a plus jamais recensé la population de ce pays.

En conséquence, le fichier électoral de 2005 actuellement en pleine révision, ne repose sur aucune donnée statistique fiable. En l’absence d’une carte d’identité officielle, la qualité de Congolais peut s’acquérir sur la base d’un simple témoignage de deux individus présumés congolais.

Campagne anti-polio : statistiques révélatrices

Pendant que les gestionnaires de la CEI d’abord et de la CENI ensuite ainsi que des décideurs politiques soutiennent que le recensement de la population congolaise serait impossible dans le contexte actuel, la campagne de vaccination contre la poliomyélite à travers les provinces en général et la ville de Kinshasa en particulier a démontré que la tache ne serait pas aussi irréalisable qu’on le laisse croire.

En effet, l’opinion a appris du ministre de la Santé que plus de 9 millions de personnes de tous les âges et des deux sexes ont été vaccinées contre la polio à Kinshasa, entre le 17 et le 23 mars 2011. S’il faut tenir compte du taux d’abstentions, il est permis de penser que la capitale congolaise hébergerait effectivement plus de 10 millions d’âmes (Congolais et expatriés). En l’espace d’une semaine pratiquement, les autorités sanitaires ont pu dresser un tableau démographique de Kinshasa.

Que dire d’une telle performance ? L’idée qui vient naturellement à l’esprit est qu’il y aurait moyen de recenser les Congolais, en un temps record, si la volonté politique y est, ainsi que les moyens financiers et matériels. Le ministère de l’Intérieur et la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) auraient intérêt à s’informer auprès du ministère de la Santé et de l’antenne locale de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) pour avoir une idée du coût, en argent, en ressources humaines et en logistique, de cette campagne de vaccination anti-polio qui a permis de révéler des statistiques proches de celles d’un recensement administratif.

Il aurait suffi aux équipes des vaccinateurs de coller un nom, une image, une nationalité, une adresse, un âge et un sexe aux personnes vaccinées pour obtenir des statistiques à même de permettre au ministère de l’Intérieur ou à la CENI de les transformer en résultats d’un recensement en bonne et due forme.

Les avatars des chiffres fantaisistes

Il est donc faux de prétendre que la RDC manque de temps, de l’argent et du matériel pour dénombrer ses citoyens. C’est essentiellement la volonté politique qui fait défaut. L’absence de statistiques démographiques présente l’inconvénient de gêner tous les plans de développement en chantier dans les différentes officines officielles, nationales et internationales. Qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation, des infrastructures, du logement, de la nourriture, du transport, de l’eau potable, de l’électricité, de l’emploi…, notre présent et notre avenir reposent sur des chiffres fantaisistes.

La conséquence est que là où l’on croit pouvoir résoudre le problème pour un nombre déterminé de membres d’une communauté, la solution ne touche que la moitié ou le tiers. Le développement intégré est impossible car les besoins réels de l’ensemble du pays ne sont pas quantifiables. Une province présentée comme plus peuplée qu’une autre par les statisticiens d’occasion ne l’est pas en réalité, ce qui complique le fameux développement intégré.

L’on parle beaucoup de la lutte contre la pauvreté mais comment réussir dans une entreprise aussi délicate s’il n’est pas possible de cibler correctement les populations réellement pauvres ?

Bref, la RDC ne peut pas se développer sans statistiques démographiques dignes de foi. Ceux qui s’obstinent à ne pas recenser la population congolaise devraient se faire violence pour ne pas hypothéquer continuellement l’avenir collectif.

Jacques Kimpozo

Monique Imama

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