Dossier qui attire l’attention dans le cadre du Projet d’émergence d’une jurisprudence favorable aux droits de l’enfant issu des violences sexuelles exécuté par SOS IJM asbl avec l’appui de la Fondation KIOS.

Parmi les vingt dossiers des enfants issus des violences sexuelles identifiés et introduits au Tribunal Secondaire de Kavumu pour obtention des jugements supplétifs d’actes de naissance en vue de leur inscription au registre de l’état civil de Mudaka, un présente des aspects particuliers. Il s’agit du dossier de MAWAZO M’GANYWAMULUME.

En effet, Mme MAWAZO, veuve de son état a connu des graves traumatismes consécutifs aux assassinats successifs de ses premier et second maris à sa présence, pendant que ces derniers tentaient de la protéger contre des Interahamwe qui par la suite l’avaient systématiquement violée, et au fait qu’à la troisième occasion, sans assistance, elle fut emportée par les mêmes Interahamwe dans la forêt où elle fut soumise à des pires formes d’exploitations sexuelles desquelles est issu son dernier enfant NTAHWAKUDERWA Emmanuel de sexe masculin.

Mme MAWAZO était mariée coutumièrement à BUHENDWA CIBULI avec qui elle avait mis au monde l’enfant CIRUBANKADERA FITINA de sexe féminin le 25 février 1999 à Kashasha, village de Kajeje, Groupement de Mudaka. L’enfant n’a pas été enregistré à l’état civil dans le délai l’gal. Quelques temps après la naissance de cet enfant, les Interahamwe prirent d’assaut le toit conjugal de Mme MAWAZO aux environs de 22 heures. Après avoir pillé tous les biens, ils tentèrent de violer Mme MAWAZO en présence de son mari et ses enfants, ce que le mari n’a pas concédé. Ce dernier fut, à cet effet, torturé puis haché cruellement avant que sa femme et ses enfants réussissent à s’échapper de justesse.

Deux ans après l’incident, Mme MAWAZO se remaria coutumièrement à Mr BUHENDWA LUKANGIRA à Karhadu avec qui elle eut le 27 avril 2000, un enfant de sexe féminin qu’elle nomma MUHINDO MUNGUARHA-SHOMBA NDI*. Quelques temps après la naissance de cet enfant, son père fut aussi assassiné dans les mêmes circonstances.

Tourmentée et traumatisée au-delà des limites du supportable, Mme MAWAZO a perdu le goût de se remarier car effrayée par la bestialité de cette catégorie d’hommes que sont les Interahamwe qui massacrent leurs semblables désarmés sans remord.

Et comme cela ne suffisait pas, Mme MAWAZO fut finalement, en avril 2005, emportée par les Interahamwe  dans la forêt avec d’autres femmes capturées dans son village. Elles furent toutes abusées sexuellement trois mois durant. Elle eut la chance de s’échapper  mais déjà avec une grossesse de 4 mois ; d’où la naissance de l’enfant NDAHWAKUDERHWA Emmanuel, de sexe masculin, le 02/01/2006 à Karhadu, village de Kajeje dans le Groupement de Mudaka.

Mme MAWAZO et ses trois enfants forment à présent une famille marginalisée et victime des médisances dans tout le village, ce qui la marginalise davantage. Elle est en plus traitée de « femme porte malheur » par les familles de ses deux premiers conjoints. Cette état de chose la stigmatise davantage.

Vu les conditions de vie dégradantes dans lesquelles cette pauvre dame est obligé d’élever ses enfants, ces derniers n’ont pas la chance d’accéder un jour ne serait-ce qu’à un niveau d’instruction primaire si personne ne leur vient en aide.

N’ayant pas été enregistrés dans le délai légal, ces enfants identifiés ont profité de l’action de l’asbl SOS IJM asbl, tendant à obtenir, en leur faveur, des jugements supplétifs d’acte de naissance en vue de leur enregistrement à l’état civil. Leurs dossiers sont, avec d’autres, pris en délibéré par le Tribunal, et les jugements interviennent, sauf imprévu,  le 09 mai 2011.

Il appert ce pendant que ces enfants, en dépit du fait qu’ils obtiennent une nationalité et une identité, ce qui est une bonne chose, demeurent dans une situation sociale difficile. Leur mère ne disposant d’aucune ressource matérielle permettant leur croissance et leur scolarisation, ils sont abandonnés à leur triste sort.

Ainsi, pour permettre une plus grande durabilité des outputs du projet en cours, et donner à ces trois enfants la possibilité de vivre dans la dignité, telle que prévue par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, SOS IJM asbl entend solliciter toute personne soucieuse de venir en aide cette famille. Et au cas où de personnes de bonne volonté acquises à la cause de leur adoption manifestent l’intérêt, elle entend concourir à l’aboutissement des dossiers en justice.

Bukavu, Avril 2011.

Pour tout contact : sosijmasbl@yahoo.fr Tél. (+243) 997 706 157

Add to Google

Bookmark and Share

OkNotizietutto blog PaperblogW3Counter


[1] En français « Dieu ne deteste personne ».

Questa voce è stata pubblicata in Aksanti e contrassegnata con , , , , , , , , , , , . Contrassegna il permalink.

Lascia un commento

Inserisci i tuoi dati qui sotto o clicca su un'icona per effettuare l'accesso:

Logo WordPress.com

Stai commentando usando il tuo account WordPress.com. Chiudi sessione / Modifica )

Foto Twitter

Stai commentando usando il tuo account Twitter. Chiudi sessione / Modifica )

Foto di Facebook

Stai commentando usando il tuo account Facebook. Chiudi sessione / Modifica )

Google+ photo

Stai commentando usando il tuo account Google+. Chiudi sessione / Modifica )

Connessione a %s...