etre étudiant a Bukavu? pas de tout facile!

Université Catholique de Bukavu

Université Catholique de Bukavu

La ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, est comptée parmi les villes universitaires de la République démocratique du Congo. Des institutions supérieures et universitaires y pullulent, offrant aux filles et fils de la RD Congo en général et du Sud-Kivu en particulier des cadres de formation adéquats. Les plus en vue sont notamment l’Université Catholique de Bukavu (UCB), l’Université Evangélique en Afrique (UEA), l’Université Officielle de Bukavu (UOB), l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu (ISP Bukavu), l’Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu (ISDR Bukavu), l’Institut Supérieur de Techniques Médicales de Bukavu (ISTM Bukavu), pour ne citer que celles-là.

Institut Supérieur Pédagogique

Institut Supérieur Pédagogique

A peine finie l’école secondaire, beaucoup de jeunes ambitionnent faire les études supérieures et universitaires. Et tout cela dépend de moyens financiers ou de revenus de leurs familles respectives. L’on observe que les ambitions sont nombreuses mais les moyens font défaut. En effet, les inégalités sociales qui résultent des conjonctures que traverse la RD Congo sont tellement fortes dans la ville de Bukavu que seules les familles riches offrent facilement la possibilité à leurs enfants de faire l’université. Du coup, quel sort réserver aux enfants issus des familles pauvres ? Comment gérer le complexe créé par les inégalités entre étudiants riches et étudiants pauvres ? Que faire pour promouvoir des étudiants intelligents mais dont la pauvreté et/ou la misère de leurs familles freinent l’épanouissement intellectuel ? Autant de questions qui restent souvent sans réponse.

 

collationA Bukavu, il est difficile, du moins à l’état actuel des choses, d’arriver à une certaine émulation : ici la solidarité ou l’esprit d’ouverture qui caractériserait les universitaires reste un leurre. Mises à part les inégalités sociales et la diversité des cultures, les comportements des étudiants seraient, à Bukavu, justifiées par des facteurs tels que l’environnement de travail malsain, les conditions de vie médiocres, le faible revenu de la majorité des ménages entrainant ainsi la difficulté de payer le minerval, la difficulté de déplacement vers les centres ou les sites universitaires.

 

Les organisations estudiantines existent dans toutes les institutions supérieures et universitaires. Chaque université ou institut supérieur a un représentant des étudiants. Celui-ci sert de pont entre les étudiants et les autorités académiques. En général, il est démocratiquement élu par tous les étudiants pour un mandat d’un an. Aussitôt élu, il forme son gouvernement pour la gestion des étudiants, gouvernement dont les membres forment le Collège des étudiants.

Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu

Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu

Il existe également une structure provinciale qui regroupe les représentants des étudiants de divers universités et instituts supérieurs de toute la province du Sud-Kivu, laquelle structure est chapeautée par le représentant provincial. Ce dernier est élu par ses pairs aux suffrages universels pour un mandat d’un an.

A part ces structures institutionnelles, on rencontre également d’autres types d’organisations de genre club ou forum des étudiants, généralement dans les facultés. C’est des associations des étudiants pour la promotion des rencontres de réflexion ou débat, d’échanges culturels, de loisirs, etc.

Les  étudiants se débrouillent pas mal car la région de Bukavu est une région montagneuse, des collines partout et c’est ce qui justifie les difficultés de déplacement,  il n’y a pas des moyens de transport pour étudiant et même s’il y en aurait, les conditions sociales obligent  certains à parcourir une distance de 4 à 9 kilomètres à pied pour se rendre à l’université. Certains cherchent même des occupations et petits travaux journaliers dans le but de subvenir à leurs besoins et ainsi payer leurs frais académiques. Chaque étudiant se force  à donner le minimum, en réussissant aux études supérieures en vue de se positionner dans la société et subvenir à ses besoins.

La société congolaise dans laquelle vit l’étudiant congolais est une société en déconfiture. L’étudiant congolais est victime de la situation générale du pays : crise politique, crise économique, crise sociale, etc.

Cattedrale Notre Dame de la Paix.

Cattedrale Notre Dame de la Paix.

Le niveau de vie de la population de Bukavu est en moyenne médiocre. Le problème d’emploi se pose avec acuité ; ils sont rares les étudiants qui finissent leurs études et trouvent facilement de l’emploi. L’avenir incertain par rapport à l’emploi constitue un casse-tête. Le jeu devient difficile surtout lorsqu’on sait qu’il n’y a pas de critères objectifs dans le recrutement ; la sélection se fait non pas sur base de compétence ou de mérite mais bien sur base d’appartenance ethnique, de corruption, de connaissance ou de relation, etc. Pour tout dire, l’étudiant  vit dans une sorte de désespoir ; et les fruits du désespoir sont, par exemple, des pratiques illicites et/ou immorales.

Des  familles ayant difficiles à nouer les deux bouts du mois, faute d’un salaire juste et équitable, il y a des étudiants qui abandonnent leurs études à mi-parcours. Etant donné qu’il n’a aucune opportunité d’avoir des bourses de l’Etat ou d’autres organisations, les parents n’ayant pas le moyen de payer son minerval, l’étudiant est purement et simplement chassé.

A Bukavu, les étudiants sont confrontés à d’énormes difficultés telles que manque d’outils informatiques (pour la rédaction des travaux pratiques et des travaux de fin de cycle ou de mémoire), l’inaccessibilité à l’Internet pour les recherches,  le problème de transport et celui de logement.

S’agissant du transport, la difficulté repose sur son coût élevé pour un étudiant moyen. S’il doit dépenser 1 dollar par jour, sera-t-il à mesure de payer 30 dollars le mois tout en sachant le revenu mensuel de sa famille est de 50 dollars ?

Quant au logement, c’est sûr qu’un étudiant fréquente l’université du toit paternel ; c’est aussi possible qu’il ait une maison en location, mais pour un coût souvent élevé. S’il en a la chance, il peut être logé par son institution d’appartenance selon les conditions bien définies et pour un coût généralement raisonnable.

Freddy

Freddy

Conclusion

Grosso modo, la vie d’un étudiant est, à Bukavu, difficile si l’on tient compte du niveau de vie moyen de la population. Nous pensons que la bonne volonté ou la bonne ambition de l’étudiant ne suffit pas. Il faut en plus une bonne dose de soutien de l’Etat, indispensable soutien sans lequel le futur cadre du pays pourra être inefficace et non compétitif sur le marché de l’emploi.

 

Freddy BURAYE

 

 

Questa voce è stata pubblicata in Aksanti, Amici, Scuole e contrassegnata con , , , , , , . Contrassegna il permalink.

Lascia un commento

Inserisci i tuoi dati qui sotto o clicca su un'icona per effettuare l'accesso:

Logo WordPress.com

Stai commentando usando il tuo account WordPress.com. Chiudi sessione / Modifica )

Foto Twitter

Stai commentando usando il tuo account Twitter. Chiudi sessione / Modifica )

Foto di Facebook

Stai commentando usando il tuo account Facebook. Chiudi sessione / Modifica )

Google+ photo

Stai commentando usando il tuo account Google+. Chiudi sessione / Modifica )

Connessione a %s...